séance 2 ML Eluard

→qq premiers points pour caractériser Éluard:

-soucieux de mettre en place une langue poétique soignée et efficace, de transformer "le langage déplaisant[…]en un lg charmant, véritable", de "rester absolument pur", càd en refusant les règles édictées par ceux qui ont entraîné le monde ds la guerre.

-sans cesse désireux de faire vivre la langue

-il privilégie le regard, "moyen par excellence de communiquer et d'aimer". Lire le prologue des ML

-il s'associe de manière productive avec différents peintres: Man Ray, Max Ernst, Dali: "le poète et le peintre poursuivent le même effort pour libérer la vision, pour joindre l’imagination à la nature … Plante aux oiseaux- pour nous montrer qu’il n’y a pas du dualisme entre l’imagination et la réalité. »

Lien étroit entre le réel et l’imaginaire : une des caractéristiques essentielles de son œuvre.

De la jeunesse d’Eluard au dadaïsme :

Eugène Grindel, dit Paul Eluard, est né le 14 décembre 1895 ds une famille « de petits bourgeois » : son père est comptable et sa mère couturière.

Gravement malade, il doit passer plrs années ds un sanatorium : il y dévore les œuvres de poètes tels Whitman, Baudelaire, Nerval, Rimbaud, Lautréamont, des revues d’avant-garde et Apollinaire. Il découvre les romantiques allemands (Goethe entre autres), Marx aussi et Engels. Il y rencontre une jeune russe, qu’il surnomme Gala et qui devient sa muse. « Tout ce que j’ai dit, Gala, c’était pour que tu l’entendes. Ma bouche n’a jamais pu quitter tes yeux. »

Il exprime un lyrisme poétique plein d’enthousiasme co ds Un seul être (1917) :

« Ô ! fille des saisons variées,

Tes pieds m’attachent à la terre

Et je l’aime toute l’année. »

La Première Guerre mondiale va marquer le poète. Mlg un engagement anarchiste, il est appelé en janvier 1917 ; il y est gazé. →guerre : exp douloureuse de la mort qui développe en lui une douloureuse amertume :

« On nous enseigne trop la patience, la prudence – et que nous pouvons mourir… » Notre mort

Il prend alors le nom d’Eluard, celui de sa grd mère maternelle : marque son passage à l’adulte, ds un mélange de révolte, d’amour, d’angoisse et d’ironie mordante. 

Ds Au but, il exprime à tv l’usage du conditionnel, un avenir incertain :

« La vie entièrement conquise, on pourrait s’en aller chez soi… »

En 1918, naît Cécile, de son amour avec Gala. Il rencontre aussi cette année-là Jean Paulhan qui désirait faire sa connaissance et qui lui présente Louis Aragon, André Breton et Philippe Soupault.

Ce groupe de révoltés fait bientôt œuvre commune et trouve ds le mouvement Dada un état d’esprit salvateur qui rejette la guerre et tente de réveiller une Europe écrasée par la douleur.

→créé en février 1916 au café Voltaire à Zurich en Suisse par la réunion d’artistes engagés – Tristan Tzara, Hans Arp, Hugo Ball et les frères Janco – le mouv Dada, d’un nom pris au hasard ds le dictionnaire, rejette la guerre et ttes les philosophies qui l’ont soutenue et justifiée.

→provocateurs, protestataires, ses membres prônent la spontanéité créatrice, refusent tte structuration et veulent résister au dépérissement de l’esprit grâce à la mise en relation des diff avant-gardes européennes .

Ds son Manifeste Dada 1918, T Tzara écrit : «  Il ya un grd travail destructif, négatif à accomplir. Balayer, nettoyer. »

→sa venue à Paris en 1920 permet aux amis d’Eluard d’adhérer à ses idées co l’ont déjà fait Marcel Duchamp, Francis Picabia et Man Ray.

→l’art devient révolutionnaire, contestataire, inventif, co en témoignent les ready-made de Marcel Duchamp, notamment son célèbre urinoir déplacé de 180° transformé en Fontaine (1917) (voir lewebpedagogique.com/philocoach…/fontaine-de-marcel-duchamp-191)

→Éluard découvre la nécessité d’un travail sur les mots, afin que le lg poétique puisse s’adapter à une nouvelle conception du monde, à un refus des règles édictées par ceux qui ont entraîné le monde ds la guerre. Il essaie de retrouver la valeur des phrases, des mots ; il redonne vie aux proverbes, aux phrases ttes faites, joue avec les mots, les calembours, les contrepèteries. Ces recherches app ds ses recueils, notamment ds Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux où il annonce ds sa préface : « Essayons, c’est difficile, de rester absolument purs. Nous nous apercevrons alors de ce qui nous lie. »

→fin de Dada qui se dissout en 1922.

Le mouvement surréaliste :

Paul Eluard a rejoint Breton, Aragon et Soupault qui ont rompu avec Dada en raison du manque de liberté créatrice inhérente au nihilisme du mouvement.

→le mot « surréalisme » a été inventé par Apollinaire sur la page de titre des Mamelles de Tirésias puis repris par Breton qu’il définit ainsi ds son Manifeste du surréalisme (1924) :

« Automatisme psychique pur par lq on se propose d’exprimer soit verbalement, soit par écrit, soit de tte autre manière, le fonctionnement réel de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé de la raison, en dehors de tte préoccupation esthétique ou morale. »

→le désir de ces artistes est de libérer la pensée et l’art, en cherchant à éviter le filtre de la conscience.

→donne lieu à une poésie automatique, libérée des contraintes formelles, qui cherche à s’affranchir de tte règle, ds la lignée de ce qu’avaient déjà voulu faire les romantiques puis des poètes co Baudelaire, Rimbaud ou Apollinaire.

→cette libération passe notamment par la création de la revue La révolution surréaliste qui laisse paraître la dimension politique autant qu’artistique de cette démarche. →adhésion de plrs des membres co Éluard au parti communiste.

Aragon définit sa démarche ainsi : « Le surréalisme est l’inspiration reconnue, acceptée et pratiquée, non plus co une visitation inexplicable, mais co une faculté qui s’exerce. Normalement limitée par la fatigue. D’une ampleur variable selon les forces individuelles ; et dont les résultats sont d’un intérêt inégal. »

→le surréalisme n’a rien d’une école littéraire, mais c’est plutôt une mise en commun d’esprits éclairés, inventifs, désireux d’explorer de nvx territoires. Ces tentatives tendent surtout à arracher l’art à une ct forme de logique qui ne plaît pas aux surréalistes.

Eluard adhère totalement à cette démarche. Il écrit ds Donner à voir : « Ma raison se refuse à nier le témoignage de mes sens. L’objet de mes désirs est tjrs réel, sensible. » Il explore plus que jamais ses capacités d’expression ds des travaux individuels co ds des expérimentations collectives (avec Benjamin Péret ds 152 proverbes mis au jour (1925), avec René Char et Breton ds Ralentir travaux (1930).

→Alain Lewi, ds Le Surréalisme, 1989 : « les surréalistes ne se sont pas contentés d’emprunter les voies de l’art et de la littérature dont ils refusaient les règles convenues, les jeux et les mensonges. Plus engagés ds la quête du bonheur humain, ils ont voulu montrer l’hom ds sa totalité jusqu’alors trop méconnue, et, pour que cet hom nouveau puisse assurer son épanouissement, ils ont élargi leurs recherches et étendu leurs activités à la politique, convaincus qu’une nouvelle « déclaration des droits de l’homme » devait s’accompagner d’une nouvelle définition de la société. Enfin, (…) ils ont commencé (…) la révolution ds leur propre vie. »

→démarches d'écritures automatiques inventées par Breton et Soupault sous forme de textes et qui ont donné Les Champs magnétiques (1921).

→Eluard accapare cette technique avec avidité; il écrira en 1935: "L'écriture automatique ouvre sans cesse de nouvelles portes sur l'incs, et au fur et à mesure qu'elle le confronte avec la cs, avec le monde, elle en augmente le trésor…"

Elle lui permet d'être le "poète voyant" dont parlait Rimbaud.

 

→relire par exemple ds les ML, La femme et son poisson:

"La vierge et son grillon le lustre et son écume

La bouche et sa couleur la voix et sa couronne."

 

L'écriture automatique: exercices répétés de mn quasi scientifique, en variant notamment les vitesses d'écriture, par lesquels les surréalistes ont tenté de libérer l'esprit des exigences habituelles du réel, de dépasser le banal, l'ordinaire, d'aller au-delà de ce que la littérature et l'art ont jusqu'alors proposé. Exercices hors des codifications stylistiques.

→pour les surréalistes, le poète doit trouver les sources de l'inspiration poétique non seulement ds ce qui l'entoure mais aussi et surtout en lui-même, trouver "la vérité absolue" au fond de son incs, lieu de tout imaginaire.→ influence réelle de Sigmund Freud : "il faut voir ds l'incs le fond de tte vie psychique." L'Interprétation des rêves.

Mlg tout cela, les textes surréalistes nous parlent! Et cela par "la volonté des hommes de donner du sens à leurs créations artistiques." Roland Barthes→ l'écriture surréaliste construit ses propres significations.

Ainsi ds Plante-aux-oiseaux (p79), Éluard joue certes avec la syntaxe et la sémantique, ds le vers "Siffler les brins d'herbes cueillir", mais c'est pour déstabiliser le lecteur et l'obliger à réfléchir aux sens des mots et aux images qu'ils provoquent ds notre esprit.

Ds Donner à voir il explique: "Le poète est celui qui inspire, plutôt que celui qui est inspiré. Les poèmes ont tjrs de grdes marges blanches, de grdes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé."

L'après-surréalisme:

Éluard quitte le mouvement en 1938, il rompt essentiellement avec Breton: "Ma décision a été entraîné par son affreuse manière de discuter qd il est dvt des gens.[…] J'étais depuis lgtps décidé à ne plus supporter les puérilités, ni l'inconséquence, ni la mauvaise foi…" Éluard, Livre d'identité.

La Seconde Guerre mondiale le fait accéder à une poésie plus engagée, plus violente, ds lq il dénonce les exactions nazis. Il en résulte des vers lumineux mais emprunts d'une réelle tristesse co ds son poème Liberté. "J'écris ton nom" devient un refrain qui parle à chacun. La disparition de Nusch en novembre 1946 le bouleverse. Sa poésie se teinte d'une nostalgie et d'une douleur intense. Il devient délégué au Conseil mondial de la paix en 1949 puis rencontre Dominique qu'il épouse en 1951. Il meurt le 18 novembre 1952 à son domicile.

 

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